Sexe et rock'n'roll furent parfois incompatiblesJerry Lee Lewis et Chuck Berry en ont fait l'amère constatation
Dans les années 50, même les stars du rock devaient tenir compte de l'opinion publique dont la morale, parfois, reprouvait ce que la loi autorisait
Se marier avec une fille de 12 ou 13 ans, c'est légal dans certains Etats d'Amérique du Nord. Mettre des caméras dans les toilettes des dames, ça ne l'est pas ! Dans un cas comme dans l'autre, de toute façon, les "coupables" furent punis ! Sweet little 16« Douces filles de 16 ans » chantait Johnny Hallyday à une époque où la majorité était encore à 21 ans (en France, il faudra attendre le 5 juillet 1974 pour voir adoptée la loi sur la majorité civique à dix-huit ans). Aux Etats-Unis le flou prédomine. D’un Etat à l’autre, on risque, ou non, le détournement de mineure. Mais même dans le meilleur des cas, rien n’est gagné face à l’opinion publique des autres Etats. Le rocker américain Jerry Lee Lewis en fit les frais en 1958 : pour son troisième mariage, il avait choisi tout à fait légalement sa cousine Myra alors âge de treize ans (douze, selon d’autres sources). A peine avait-il posé le pied en Grande-Bretagne qu’il était quasiment contraint de faire demi-tour, son premier concert s’étant achevé prématurément sous les huées du public. Lewis s’apprêtait à traverser une période difficile…En 1962, le fils de trois ans qu’il avait eu avec Myra se noie dans la piscine familiale. Son autre fils, Jerry Lee Jr., se tue au volant en 1972 (il avait 17 ans). Entre-temps (1970), Myra avait demandé le divorce ; elle ne supportait plus les infidélités du Killer (c’est le surnom que ses fans donnèrent à celui qui jouait du piano debout avant de mettre le feu à son instrument). Fut-il plus fidèle à sa quatrième femme ? En tout cas, elle le quitte peu après sa sortie de l’hôpital en 1977, hôpital où il était resté pour ablation de la vésicule biliaire, ennuis pulmonaires et pleurésie. Quatre ans plus tard un ulcère à l’estomac manque de le conduire au tombeau. Des dizaines d’années de consommation immodérée d’alcool et d’amphétamines, ça laisse des traces. Chuck Berry, lui aussi, appréciait les jeunes fillesMais lui, à la différence de Jerry Lee, il est noir. Aux Etats-Unis il sera traité avec moins d’indulgence. Il faut dire qu’il ne s’était pas toujours tenu à carreau : à quinze ans (il est né en 1926) il atterrit en maison de redressement pour tentative de cambriolage. Lorsqu’il en sort trois ans plus tard il juge plus raisonnable de se lancer dans la composition, et ça lui réussit plutôt bien puisqu’il est aujourd’hui considéré comme l’un des quatre ou cinq rock’n’rollers les plus influents (les Beatles et les Stones sont parmi les premiers à l’avoir popularisé)… 1959, première et deuxième incarcérationsIl a dragué une Blanche et quelques mois plus tard, il a fait travailler une prostituée de 14 ans dans son night-club… « Pour tenir le vestiaire, précise-t-il. Et elle m’avait raconté qu’elle avait 20 ans ». Condamné à cinq ans de prison, il en fera un peu moins et retrouvera la liberté en 1963. Radin comme pas un, il ne cesse de truander le fisc… et paye le juste prix en 1979 : accusé d'évasion fiscale, il est condamné à quatre mois d'emprisonnement et 1 000 heures de travaux d'intérêt général. Dans les années 90, il a à nouveau des problèmes avec la justiceChuck Berry a placé des caméras dans les toilettes des femmes de son restaurant du Missouri. En 1972, il s’était retrouvé en tête des hit-parades anglo-saxons avec « My Ding-a-ling », un titre de 1954 de Dave Bartholomew. Son ding-a-ling, vous avez compris de quoi il s’agit !
Les droits de l'article Sexe et rock'n'roll furent parfois incompatibles publié dans Musique appartiennent à Daniel Lesueur. La permission de reproduire Sexe et rock'n'roll furent parfois incompatibles dans la presse traditionnelle ou sur internet doit être accordée par écrit par l'auteur lui-même.
Autres articles
Voir aussi
Thèmes associés
Toute la rubrique Culture
|