Krisha réveille le rock français

Le duo revient avec l'album Les enfants de l'hypocrisie.

19 oct. 2009 Frédérique Alfassa-Larsonneur

Deux ans ont passé depuis Sauve tes idées et le groupe électro-rock n'a pas renoncé à ses idéaux ni à ses rêves. Entretien avec Gérald Raffalli, chanteur et guitariste.

Krisha, duo toulonnais devenu parisien, vient de finir l'enregistrement de son 2e album studio dont le titre ne saurait laisser indifférent dans le contexte de crise économique et de morosité générale.

Rien qu'à voir le titre de l'album, Les enfants de l'hypocrisie, votre groupe véhicule une image revendicative. Est-ce le cas ?

Gérald Raffalli : On voulait un titre fort, qui représente ce que nous ressentons par rapport à l'époque actuelle. Ce titre est à prendre au sérieux mais il est aussi ironique. Nous nous incluons dans ceux que nous appelons "enfants de l'hypocrisie". Certaines personnes y voient un sens politique, mais ce n'est pas spécialement le cas. Nous appelons les gens à être plus honnêtes dans leur vie. Un de nos morceaux de l'album s'intitule Bankable : c'est un mot à la mode en ce moment. Nous avons écrit le titre, un peu avant que ce terme soit autant étalé dans les médias...

Le packaging presse de votre album est en papier recyclé. Etes-vous particulièrement attentifs à l'environnement ?

G.R : C'est un peu le hasard, Romain (Galland, guitare, samples NDLR) a acheté un CD de Liam Finn, qui était présenté dans un tel packaging. Cela nous a plu. Alors, si à notre petite échelle, nous avons pu faire ce petit pas écologique...

Quelle chanson est la plus représentative de ce nouvel album ?

G.R : La première, Clones et dépendances car c'est celle qui permet d'entrer dans l'album. Mais en fait, chaque chanson a sa personnalité. Vous trouverez des mélodies plus pop sur des titres comme Divisions ou Mode off. La boîte de Rose raconte l'histoire d'une petite fille qui se rend compte qu'en grandissant on perd son innocence et ses rêves.

Peut-on dire de Krisha que c'est un groupe idéaliste ?

G.R : Le rêve, c'est la seule chose qu'on ne peut pas enlever à une personne. Depuis un an, nous nous consacrons pleinement à la musique, avant, nous devions jongler entre des emplois alimentaires et les enregistrements, les concerts. C'est dommage qu'au fil du temps les gens perdent leurs rêves. C'est le prix que paient les "enfants de l'hypocrisie". Nous admirons la personnalité musicale de groupes comme Noir Désir et Radiohead. Nous ne les connaissons pas personnellement mais nous apprécions leur ligne de conduite. Ils n'ont jamais changé d'opinion et ne se sont jamais prêtés au jeu de la presse people. Ils sortent leurs albums sans promo ou presque, toujours fidèles à leur musique et à ce qu'ils disaient. C'est le parcours qu'on aimerait avoir.

Vous êtes contre la promo ?

G.R : Non, bien sûr. Nous sommes pour, à partir du moment où on ne nous demandera pas de changer notre musique et notre comportement. Pour être entendu, il faut avoir une certaine visibilité, il faut juste que ce ne soit pas au détriment de son âme ! Il faut jouer un certain jeu. J'ai vu quelque chose d'assez drôle à la télé italienne : Muse devait jouer en playback, ce qu'ils ont fait. Mais le batteur est passé au chant et le chanteur à la batterie. La présentatrice ne les connaissait pas et ne le savait pas, ce qui a compliqué l'interview après leur prestation ! Nirvana s'était aussi prêté à ce genre de blague : Kurt avait chanté avec une voix d'opéra et le batteur tapait à côté de ses fûts...

www.lemondedekrisha.com

http://www.myspace.com/lemondedekrisha

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Krisha, Stéphanie Bardes Krisha
   
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